Le signal, Soulac sur mer

Recherche engagée menée à partir de la résidence "le Signal" à Soulac sur mer.

Le Signal est cet ensemble immobilier construit dans les années 70 trop près du littoral et qui menace aujourd'hui de s'effondrer suite au recule de la dune, phénomène d’érosion qui se répète sur tout le littoral au gré des tempêtes. Les propriétaires du Signal ont tous été expropriés dans l'urgence en 2014. Le Signal est devenu un symbole du dérèglement climatique mais aussi témoigne de l’évolution naturelle de nos côtes. C’est de cette fragilité que Catherine a décidé de parler. La rencontre avec Sophie Poirier, auteure de plusieurs écrits sensibles dont "l'expérience du désordre", a permis à Catherine d’enrichir ses sérigraphies de textes. Deux recueils sont en cours de réalisation, « l’océan a gagné » et « Ici on a été heureux ». Ces recueils rassemblent les créations de Catherine au côté des textes de Sophie. Ils sont entièrement réalisés en sérigraphie. Un projet d'exposition sur le Signal émerge... elle devrait trouver sa place prochainement à Bordeaux. Les textes retranscrits ci-dessous sont extraits des déambulations de Sophie Poirier https://lexperiencedudesordre.com

"L’immeuble LE SIGNAL érigé sur la côte atlantique à Soulac-sur-mer, situé au bord d’une station balnéaire aux villas art déco, son architecture façon barre d’immeuble moderne (1967), lui a valu le surnom la verrue, aujourd’hui sa position géographique en front de mer n’est plus tenable à cause de l’érosion, en raison du danger considéré imminent, les résidants ont été expulsés : ils ont eu 48 heures pour évacuer définitivement les lieux, il ne sera pas érigé de digues pour protéger l’immeuble, il va être détruit, il ne restera bientôt plus rien de la résidence Le Signal, il est formellement interdit d’y entrer : j’ai désobéi."

46 FOIS L’ÉTÉ

Il y avait des gens qui vivaient ici.

Ils entraient dans l’immeuble, il y avait un immeuble ici.

Il y avait toujours du sable dans l’escalier.

Des gens montaient à l’étage 1, à l’étage 2, 3. Il y avait un immeuble, des bâtiments, face à la mer.

Des tas de gens entraient dans l’immeuble. Des gens qui vivaient ici, tout le temps ou des gens qui venaient en vacances, ça faisait du monde qui entrait et qui sortait.

Chaque fois qu’ils montaient, ils laissaient derrière eux du sable, la dame de l’appartement 10 du bâtiment B s’énervait, elle balayait plusieurs fois par jour, tout ce sable la rendait folle ; son mari aimait regarder l’océan, elle préférait la vue côté forêt. Tout ce sable, tout ce sable, elle s’énervait, elle balayait.

Mais il y avait toujours du sable dans les escaliers.

On ne pouvait pas faire autrement.

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